UN PRESBYTÈRE POUR MAISON COMMUNE

(cliquez sur le point pour voir la localisation actuelle)

Le durcissement de la période de la Terreur sous la Ière République est venu bouleverser les projets communaux. Les sociétés populaires, ancêtre des partis politiques, étaient localement les défenseurs de la nouvelle morale républicaine extrême. Elles consideraient par exemple que la religion catholique était incompatible avec la Révolution (ex. : le roi était un représentant de Dieu sur Terre).

 

L'active société populaire sparnacienne estimait donc qu'il n'était pas nécessaire de dépenser de l'argent pour une maison commune lorsqu'il était possible de récupérer la résidence du curé proche de l'église Notre-Dame. Toute opposition à cette position aurait été considérée comme un acte anti-révolutionnaire. Le conseil municipal décida donc de s'installer dans le presbytère le 27 Brumaire An II (17 novembre 1793).

 

On apprend cependant le 31 janvier 1794 que l'administration du District souhaitait également ce lieu. Même si le projet est abandonné au mois de février, l'opposition de la Commune et du District laisseront des traces car des freins seront apportés dans les accords de travaux. La suppression des Districts en 1795 lèvera le problème.

 

Le choix du presbytère est véritablement une prise de position politique. Il s'agissait de montrer que, désormais, l'autorité laïque et républicaine est supérieure à l'autorité religieuse. On apprend d'ailleurs en 1805 que les bureaux du sous-Préfet s'y trouvaient également.

 

Extrait du plan d'Epernay (1791) (Archives municipales d'Epernay, non coté